De deux sondages, il ressort que les français ignorent les questions relatives à l’économie et à l’entreprise.  Selon l’enquête de TNS Sofres pour le  CODICE (1) , 75 % des personnes interrogées estiment que l’information économique n’est ni accessible, ni compréhensible. Est-il surprenant que  puisse être incompris ce que les spécialistes et théoriciens ont bien du mal à maîtriser et à expliquer ? Une économie uniquement réduite à la finance ne peut être compréhensible, puisque les bases en sont fausses et mensongères. 

   Une étude réalisée pour la FNEGE (2)  révèle que
-   7 % des 1009 personnes interrogées n’obtiennent pas la moyenne aux questions posées.
-   La moyenne générale  est de 5,9 / 20 !
-   Seuls, 6 % auraient au dessus de 10/20.
-   Plus de 33%, confondent chiffre d’affaires et bénéfices ; faut-il s’étonner que ces derniers soient vus comme trop élevés ! Acquises à l’école primaire, les notions de prix de revient, de volume et de prix des ventes, avec une dose de bon sens, devraient permettre d’éviter une telle confusion !
-   Près de 2/3 minorent considérablement le coût des charges sociales attachées aux salaires.
-   Beaucoup pensent que les entreprises recourent abusivement à des formes de contrat précaire, alors que celles-ci ne représentent pas 10 % des contrats de travail.
-   Si est ignoré le fait que les PME de moins de 50 salariés représentent 99 % des entreprises et 55 % des emplois, et sont le réel moteur de l’économie, c’est que les médias n’évoquent que les grandes entreprises.
-   Les actionnaires paraissent  se vautrer dans les profits au détriment des salariés…

   En fait, avant d’être une incompréhension de l’économie en général, ces enquêtes révèlent une méconnaissance de ce que sont les entreprises. Comment rendre l’économie compréhensible si les conditions du bon fonctionnement des entreprises, réalités charnelles, concrètes, vécues quotidiennement pour la plupart des personnes, sont méconnues ?

   Enseignement trop éloigné des réalités tangibles ou orienté idéologiquement, médias ne recherchant que le sensationnel scandaleux , entreprises peu soucieuses de l’information du personnel, syndicats militants… tous concourent à cette vision dévalorisée ou négative de l’entreprise.

   La mise en place par le gouvernement (encore !) d’une énième organisation, le CODICE, est-elle une réponse appropriée  aux déficiences relevées?
Certaines propositions sont de bon sens, quand leur application est de l’initiative du terrain.
Ainsi celle qui consiste à établir pour chaque salarié ce qu’on pourrait appeler la « feuille de paye vérité », récapitulatif simplifié de l’ensemble des contributions sociales annuelles.
Telle autre suggère de faire figurer sur les étiquettes de produits en vente le montant des taxes prélevées, pour informer de la réalité de l’impôt. Tout cela relève du rôle des dirigeants d’entreprises. Développer l’enseignement de l’économie et les stages en entreprises peut contribuer à donner une autre vision de l’entreprise et de l’économie, pour autant que l’approche soit réaliste et pragmatique. Concevoir des émissions télévisées peut aussi y concourir si schématisations, caricatures et idéologies sont écartées…
Mais quelle peut être l’utilité d’une cité ou d’un musée de l’économie, ou encore d’un  fonds de soutien et d’amorçage investissant dans les projets destinés à promouvoir la culture économique ? Les solutions appartiennent aux vrais acteurs de la vie sociale et économique, pour peu que soient bannis esprit de système et a priori idéologique.

 (1) Conseil de la diffusion de la culture économique
 (2) Fondation Nationale pour l’Enseignement et la Gestion des Entreprises

 

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